• On a beaucoup écrit sur les chats d'écrivains, surtout depuis le XIX éme siècle. Et les écrivains ont beaucoup écrit sur les chats, qu'il s'agisse de Colette, Céline, Champfleury, A. Dumas....; fascination que les chats leur rendent bien ! Ne sont-ils pas des animaux de plume ?

    Par contre, les oreilles sensibles et délicates des chats n'apprécient pas le travail des chanteurs!

       Adolescente, j'ai eu une jolie chatte tigrée qui avait horreur de m'entendre faire mes exercices de solfège: elle commençait par s'asseoir au pied de ma chaise et par darder sur moi ses grands yeux vert. La demande était claire, mais, bien sûr,je l'ignorais et je savais ce qui allait suivre.

    Devant mon obstination, Mouky sautait sur mes genoux, s'asseyait face à moi, les yeux fixes, dans l'espoir fou de me faire comprendre combien ces sons -là lui blessaient les oreilles.

    En désespoir de cause, elle finissait (car c'était une chatte délicate) par poser doucement la patte sur ma bouche! On ne pouvait pas être plus clair!!!

    Puis, j'ai eu une merveilleuse petite chatte, douce, affectueuse et intelligente: pour ne pas se priver de ma présence, ma belle, toute douce et presque toute blanche se couchait héroïquement sur le canapé lorsque je commençais à chanter, mais finissait sur le dos, les deux pattes croisées sur les oreilles!!! 

    Quant à Giono, qui, malgré son nom, a la malchance de partager le logis d'un baryton, il proteste et tourne en rond dès la première note ("çà y est, çà recommence!") puis s'éclipse par la chatière sans s'embarrasser de sentiments, pour retrouver ses oiseaux, son mulot et ses exercices de funambule sur le mur...Poète et pacifiste, certes, mais pas masochiste!

    Ce qu'il aime, Giono, c'est s'asseoir sur la page blanche, la "patouiller " de ses coussins roses, regarder le va et vient du stylo, mais c'est par -dessus tout, inspecter les étagères de la bibliothèque,découvrir les nouveaux titres, et respirer la bonne odeur du vieux papier....Giono aime les livres (le baryton aussi, ce n'est pas tout à fait un hasard...) ;mais après tout, s'il devait aimer les vocalises, il fallait l'appeler Caruso...!

    Chats d'écrivains, chats de chanteurs...



    Publié sur Orange en décembre 2008

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  • Le cirse



    Le cirse sème à tous vents ses plumets ailés...les cirses plutôt: celui de mon jardin , le cirse laineux est mauve ; au bord de l'Erdre, une touffe de cirse des champs aux pompons plus petits et violets attire les chardonnerets qui en font leurs délices !
    Dans les jardins, au lieu d'arracher cet "affreux chardon", il est possible d'attendre et de le voir fleurir : c'est une jolie fleur qui attire les butineurs et ses graines nourrissent les chardonnerets...
    Par contre, si l'on tient à de bonnes relations avec les voisins, il est préférable de récolter les graines -aussi aériennes et malicieuses  que celles du pissenlit -pour les donner aux oiseaux cet hiver, mélangées à d'autres graines moins...volatiles !

    Le cirse

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  • Le chat prodigue



    Giono a disparu.
    Depuis le 6 août, nul n'a revu le chat poète, ami des oiseaux et des mulots...
    Le 5, son ami humain est parti en vacances, laissant Giono chez lui avec sa courette, sa plate-bande de fleurs, les murs de pierre enserrant les îlots de jardins entourés du rempart des maisons, sa chatière et ses croquettes, distribuées deux fois par jour par Maggy, la gentille voisine également grande pourvoyeuse de caresses.
    Mais le 6, plus de Giono !
    A mon retour de vacances , je suis allée le 16 m'occuper des poissons, des plantes et...voir Giono. Pas de chat. Lui qui répondait toujours à mon appel et mes visites, s'est volatilisé.
    Maggy, éplorée, m'apprend qu'il a disparu depuis le 6 !
    Un tour du pâté de maisons me montre, hélas, les 9/10 èmes des maisons fermées; les habitants qui sont là n'ont pas vu le chat et la crainte s'installe : il a pu être enfermé par mégarde dans une cave par des gens partis en vacances ou agoniser au fond d'un jardin , blessé à mort par un matou...
    Il y a cependant une sortie possible : un portail, parfois ouvert, qui communique entre les jardins et la rue...Mais le chat-poète a peur des voitures, il est castré, il ne court pas les filles...
    Et c'est alors la ronde du porte-à-porte, des coups de fil à la SPA, la fourrière et les vétérinaires, des affiches dans le quartier, des petits mots dans les boîtes aux lettres avec la photo de ce petit chat si gentil, doux et jamais fugueur....
    Son maître, alerté, interrompt ses vacances , revient le 19 au soir et refait la même tournée du quartier...Rien. Un homme me téléphone à 22 heures : il a vu près des grilles du parc un chat qui correspond au signalement. Fausse alerte...
    Depuis trois jours, mon ami a multiplié les affiches, les tracts, nous élargissons le périmètre; je vais l'aider...Après la randonnée dans les Vosges, ce sont les kilomètres et les heures passées à arpenter le macadam, interroger les gens...Certains sont psychologues:
    "Oh, le beau chat ! Cà ferait un bon civet !"
    ou, au contraire:
    "Un chat revient toujours au bout de deux mois: vous allez le retrouver !"
    D'autres sont coopératifs : on signale un chat aperçu dans un autre quartier:
    "Tigré?"
    "Euh, oui...je crois !"
    "Avec un plastron et le bout des pattes blancs ?"
    "Euh ! Je ne sais pas !"
    Mon ami va voir...Le chat est gris avec le plastron blanc, ou tigré sans plastron blanc....
    On sonne à sa porte à 8 h un matin: un couple tout content tient dans ses bras...le chat du voisin, gris souris et filiforme...sous la photo de Giono scotchée sur la porte...
    Daltoniens ou peu observateurs, mais pleins de bonne volonté, les gens ont signalé une bonne quinzaine de chats, allant du tigré au blanc presque pur ! Désabusé mon ami soupire: " je sens qu'on va finir par m'amener un siamois aux yeux bleus !"( Au point où nous en sommes, je me demande même in petto, si personne ne va amener un dalmatien !!! )
    Entre temps, une radiesthésiste en possession de la photo de Giono, déclare qu'elle ne ressent plus de vibration vitale ! Et voilà le rationnel et cartésien maître de Giono , qui désespère et commence à penser que son chat est mort !
    Hier, une voisine surnommée "la mère aux chats( car elle nourrit les chats du quartier en l'absence de leurs maîtres ) pense qu'il faut faire dire une messe à ...Saint Maimboeuf .
    "...St Maimboeuf ???!!!!"
    "Oui, c'est le patron des animaux disparus !"
    Comme mon  ami ne sait plus à quel saint se vouer , je lui suggère que, si St Antoine ( de Padoue ) est certainement débordé par les demandes incessantes concernant les objets perdus, Saint Maimboeuf, lui, pas vraiment vraiment bien connu...ne doit pas être surchargé de travail, et que l'on peut peut-être, bien poliment, lui demander s'il peut faire quelque chose...
    Et là ...j'ai la surprise de voir le rationnel et cartésien ami de Giono...allumer une bougie pour...Saint Maimboeuf !!!!
    Dans la foulée, un prêtre en soutane nous ouvre très gentiment une vitrine donnant sur la rue pour y coller une affiche !
    A 18 h, on nous signale un chat trouvé...un petit tour en voiture..ce n'est pas çà...
    Les pieds me brûlent, je rentre chez moi, abattue.
    A 22 h un homme téléphone chez mon ami : il a vu un chat correspondant au signalement de Giono; il a l'air sérieux. Quand mon ami arrive là-bas, plus de chat..., mais ce quartier, nous l'avons déjà parcouru l'après-midi; certaines personnes nourrissent leurs chats sur le trottoir: une aubaine pour un chat errant! C'est à 300 ou 400 mètres de la maison de Giono, mais il faut traverser une grande artère...
    A une heure du matin, un couple signale un chat tigré à deux kilomètres de là....un petit tour en voiture...fausse alerte...
    .........................
    Cette nuit, le téléphone me réveille en sursaut:  2 h45 !
    J'entends au bout du fil :"Giono est là !!!!!"
    Son maître a été réveillé par des miaulements, le chat était sur la rue, au bord du soupirail, affamé, assoiffé, le poil un peu terne , un peu amaigri, mais...bien là !!! Au téléphone, Giono lui même me susurre quelques "miaous" !
    Parti le 5 , son maître devait rentrer demain 24 août...
    Parti le 6 , Giono est rentré le 23...
    Ses "vacances" n'ont pas l'air d'avoir été si bonnes que çà ! Que s'est-il passé ?
    Je donne ma langue au chat...s'il pouvait parler !


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    1 commentaire
  • Vincent écrit...

    • Il est 6h, je me réveille en même temps que la pluie du bout des Alpes, et je découvre tes voies sur terre et vers le ciel. Capucyne, ton gai ruisseau emprunte son chemin propre depuis des millénaires, tandis que du sommet de ton rocher de gneiss, tu sembles prête à décoller vers les trouées des hommes-oiseaux... Trouées d'azur.
      Même s'ils l'apaisent parfois à l'infini, l'eau et le vent n'arrêtent jamais leur pouls de vie. Cela donne du courage aujourd'hui.
      Vincent
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  • Petits chemins sous les conifères, chemins si sombres parfois qu'il faudrait presque une frontale pour y pénétrer, un peu mystérieux et inquiétants,  chemins doux sous les pieds, couverts des aiguilles ou des feuilles mortes de l'automne dernier qui teintent de brun tout ce vert-bleu, chemins roses des cailloux de grès rose des Vosges, touche mélodieuse et rafraîchissante des torrents et cascades, chemin des roches grises, chemins multicolores de fleurs et papillons...

     



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      Chemins du large... 
     



     

     

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