• Depuis trois ans, un collectif de naturalistes a décidé d'étudier , de la façon la plus exhaustive possible, ce milieu (240 mares, cours d'eau, prairies humides, bocage, haies, bois, forêt, chemins creux, talus..( voir mon article précédent.)) d'une richesse exceptionnelle pour la faune et la flore.

    Ce projet fou d'aéroport aura au moins eu un avantage : aucun bocage français n'a été autant étudié !!!

    Il a été répertorié plus de 2000 espèces dont 146 protégées (mais dont trois seulement font l'objet d'une tentative de "mesures compensatoires".

    Ah ! Les "mesures compensatoires ! J'y reviendrai !) Oiseaux, insectes, batraciens, mammifères, flore...

    - Certaines espèces fragiles, en régression ailleurs , sont ici bien présentes :

    c'est le cas par exemple du bruant jaune.

     (Photo : oiseaux.net)

     

    -  On trouve ici le nombre le plus important de France de grenouilles agiles, 

    une forte population de lézards vivipares, tritons, salamandres...

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

     -  Un des plus beaux tritons, le triton marbré, dont la femelle, encore plus belle, a une jolie rayure rouge sur le dos

     

    A l’échelle européenne, seuls trois pays accueillent le Triton marbré dans leurs mares : le Portugal, l’Espagne et la France. En France, la répartition de l’espèce est limitée au nord par la Seine et à l’Est par une ligne Fontainebleau – Montpellier.

    Le Triton marbré est mentionné parmi les espèces « Vulnérables » dans le livre rouge des vertébrés de France (Maurin, 1994).

    - le triton crêté...

    Là aussi réside, parce que le milieu lui est favorable, , le triton de Blasius, issu du croisement entre triton marbré et triton crêté

    Résultat de recherche d'images pour "triton de blasius"

     Photos Wikipédia et conservatoire du littoral

     - de petits mammifères aquatiques comme le campagnol amphibie et le crossope, petite musaraigne aquatique

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

    Photo : Naturalistes en lutte

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

    Photo : maechelibre.be

     

     

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

     - des fleurs  rares,

    comme la gentiane pneumonanthe

    ou le flûteau nageant

    Le bocage de Notre-dame des Landes  2- des espèces rares et protégées

    Bien sûr, ce ne sont là que des exemples ! Lors de la sortie ce dimanche, pas encore de fleurs, pas de batraciens...Pas de photos. Celles qui illustrent cette page viennent du Net ou des Naturalistes en lutte.

    A noter qu'à l'emplacement actuel de la forêt de Rohanne, il est prévu...l’aérogare avec sa cohorte de parkings...On ne lésine pas sur les parkings, chez Vinci, c'est ce qui rapporte le plus !

    En marge du carnage programmé, certaines choses prêteraient à sourire si elles n'étaient si tristes...cela fera l'objet de mon troisième et dernier article sur le bocage de Notre-dame des Landes.

     

    Sur l'étude de la flore et de la faune de la ZAD, un remarquable ouvrage fait par les Naturalistes en lutte et édité par Bretagne vivante est paru. Il fait la synthèse , abondamment illustrée, de ces trois années d’inventaires naturalistes.

    Evidemment, je l'ai feuilleté... et commandé ! Si cela vous intéresse :

    c'est le second numéro spécial de la revue Penn ar Bed, à commander directement à:

    Bretagne vivante

    19 rue de Gouesnou  BP 62132

    29221 Brest Cedex 2

     (joindre un chèque de18 €, port compris.)

     

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    27 commentaires
  • J'en ai plein les yeux et plein la tête et ne sais par où commencer ! J'en ai plein les bottes aussi, au sens propre, après un après-midi de dimanche dans le bocage de Notre-Dame des Landes, à travers prairies humides , haies d'ajonc et de ronciers...

    A l'occasion de la journée des zones humides,  les "Naturalistes en lutte",( groupe de naturalistes qui s'est constitué pour effectuer des expertises sur le site de Notre-Dame des Landes) organisait une sortie sur la zone  prévue pour l'éventuel futur aéroport...

       98 % de la zone  est une zone humide et on se demande par quelle aberration on a pu choisir ce type de zone pour un aéroport !

     

    Une zone humide à défendre : le bocage de Notre-dame des Landes

     

    L'eau à Notre-Dame des Landes

    Une zone humide à défendre : le bocage de Notre-dame des Landes

    Il a plu assez peu cet hiver ; malgré cela, il suffit de marcher dans les prairies pour reconnaître les prairies humides, parsemées de petits cours d'eau et de mares (plus de 240 répertoriées !)

     

    C'est une zone "éponge, au sens propre : un plateau, pas complètement plat, avec des talwegs, des pentes qu'empruntent les ruisseaux. car non seulement c'est une éponge, mais c'est aussi la limite de partage des eaux entre le bassin de la Loire et celui de la Vilaine.

    Regardez la carte :  en rose, l'emplacement prévu pour l'aéroport, pile entre les cours d'eau qui vont vers le sud, vers le Gesvres, L'hocmard, donc l'Erdre puis la Loire, et ceux qui vont vers le nord se jeter dans le Plongeon ( qui porte un nom bien suggestif !) , l'Isac (et le canal de Nantes à Brest qui emprunte son cours sur cette portion), puis la Vilaine. Pile au milieu, à l'emplacement du départ des cours d'eau, on veut mettre du béton, un aéroport...ce château d'eau naturel, aux eaux très pures, qui filtre l'eau qui dessert les zones au nord et au sud , transformé en zone bétonnée... ! Et pas en petite zone bétonnée :  pour le seul aéroport, plus  de1600 ha de béton, sans compter les routes qui mèneraient à ce mastodonte.

     

    Une zone humide à défendre : le bocage de Notre-Dame des Landes

     Il faut 24 h aux eaux qui tombent sur ce château d'eau  pour atteindre la petite ville de Blain. Actuellement, l'éponge fait son office et sert de tampon, de buvard. Si  l'aéroport voyait le jour, je ne voudrais pas être blinois ...! 

    Actuellement, le périphérique nantais est régulièrement inondé quelques jours en cas d'hiver pluvieux, malgré des travaux pour canaliser le Gesvres... En cas de pluies importantes (et ici, il y en a , des pluies importantes), si ce projet voyait le jouir, on pourrait faire une piscine sur le périph' et se lamenter chaque hiver sur les inondations à Blain et ailleurs !

    Les études pour cet aéroport (qui ressemble de plus en plus au monstre du Loch Ness), ont été faites de 1965 à 1968 (oui oui !)...Aucune étude sur la présence de zones humides et le maintien d'un dense bocage n'est alors effectuée, les questions d'environnement n'étant pas à l'ordre du jour.

    Une zone humide à défendre : le bocage de Notre-dame des Landes

    Depuis,"on" a compris," on" a arrêté, me direz-vous ? Mais non, "on" persiste et signe dans la folie !( Le baryton me cite alors sa phrase fétiche: "Mon adjudant-chef disait : "On" est un con"...Fin de la citation...)

     

    Le bocage de Notre-dame des landes

    Non seulement, c'est une zone humide de la plus grande importance, mais c'est aussi un bocage relictuel, comme il en reste peu en France.

    Des terres sont mises en culture par les agriculteurs qui ont leurs fermes sur la ZAD ("zone d'aménagement différé", transformée en" zone à défendre") et par les "zadistes" qui ont décidé de faire vivre cette zone, en s'occupant des terres après les expropriations. C'est aussi une zone d'élevage, qui a conservé ses haies, ses talus , ses mares : la zone a , en quelque sorte , été protégée par les procédures sans fin depuis 50 ans, elle n'a pas été surexploitée et a conservé ses talus oligotrophes (qui n'ont pas eu d'amendements et sont restés à l'état naturel) et...ces milieux abritent des espèces rares ou particulières.

    L'absence d'activité agricole intensive et l'absence d'amendements contribuent à préserver la qualité de l'eau qui alimente les cours d'eau des deux bassins versants. On n'ose imaginer quel serait le degré de pollution  induit par les activités d'un aéroport, avec ses avions, ses milliers de voitures...

    Pour conserver ce bocage, les naturalistes ont aussi fauché les prairies pour éviter l'invasion des saules...

    Une zone humide à défendre : le bocage de Notre-dame des Landes

    Un des agriculteurs  nous accompagnait, nous avons aussi rencontré deux "zadistes", nerveux et inquiets : ils ont beaucoup de "visites" , les zadistes, et pas toujours bien intentionnées : la nuit précédente, "on" est venu déposer une moto qu'ils pensent avoir été volée, calcinée, à l'entrée du chemin d'accès à leur habitation...c'est courant, et c'est eux qu' "on" accuse...

    Les politiques favorables au projet disent beaucoup de choses négatives sur les zadistes...mais ils cultivent, ont monté leur petite boulangerie (deux je crois), une conserverie, ils tentent de vivre en auto suffisance...C'est un projet de société qui ne plaît pas aux autorités, atypique, une expérience de vivre ...

     

    Une zone humide, un bocage ancien ? C'est pourquoi, en plus de l'évidente utilité hydrographique, cette zone est d'une richesse de vie ( faune et flore) exceptionnelle ...Mais c'est la prochaine fois que je vous en parlerai...

     

     

     

     

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  • Subtilement, une vibration de la lumière, un air plus doux me font lever le nez vers les haies...Elles sont devenues tendres par touches claires, un peu anémiques, d'un jaune à peine jaune qui ne s'affirmera jaune qu'à la floraison des primevères, jonquilles et flamboyants ficaires...

    Ce sont les noisetiers qui jettent déjà dans le vent, au moindre souffle, leur poussière safranée, leur poussière  de pollen...

    Tendre noisetier

     

     

    Mais,  quelles belles dames va t-elle saupoudrer ? Si les longues fleurs mâles du noisetier se remarquent le long des haies, où sont donc les fleurs femelles ?

    Tendre noisetier

     

    Elles se cachent, les timides ! Timidement rouges, quand même ! Mais elles dépassent si peu la taille d'une tête d'épingle, qu'il faut bien les chercher sur les rameaux...Oui, oui, elles sont bien là, dans le même arbuste, qui porte à la fois ses fleurs mâles et ses fleurs femelles, sans toutefois s'autoféconder : gare à la consanguinité !

    Tendre noisetier

    Les voilà, les fleurs rouges, petites couronnes de fou du roi, lilliputiennes et folâtres ! Des fleurs pour myopes, quoi !

    Tendre noisetier

     

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    28 commentaires
  • Tombe la neige...Dit comme ça... on se prend à  rêver d'une couette blanche recouvrant la jardin de février.

    Mais, hélas, c'est juste de quoi me mettre l'eau à la bouche...Pendant au moins...une minute, des flocons ont bel et bien dansé un petit ballet aérien, me faisant rêver, et  provoquant une joyeuse effervescence autour des mangeoires...

    Les perce-neige, qui, de guerre lasse s'étaient décidés à percer, ont pu croire quelques instants qu'ils allaient mériter leur nom...

     

    Hiver et...printemps...

    Les perce-neige, avec leur bonnet blanc délicatement liseré de vert tendre, c'est le printemps en hiver, un passage tout en douceur d'une saison à l'autre, une avant-garde discrète.

     Ce matin, l'autre fleur de février, le daphné, ne m'a pas fait son numéro de  charme habituel. Lorsque je vais remplir les mangeoires, il me tire doucement par le bout du nez et m'envoie ses effluves à la fois si subtiles et si fortes. Et j'ai beau le savoir, c'est chaque matin une surprise.

    Hiver et...printemps...

     

     

    Ce matin, il joue le jeu de l'hiver et se contente de  montrer ses fleurs de porcelaine...

    Hiver et...printemps...

    Hiver et...printemps...

     

     Une violette pointe le bout du nez, quelques fleurs de primevères, quelques autres d'Ibéris, mais on voit bien que c'est juste de la curiosité, pour voir le temps qu'il fait !

    Par contre, la belle hellébore Phoebé m'a fait une  surprise...habituellement, elle se fait prier jusqu'en avril !

    Hiver et...printemps...

    Hiver et...printemps...

     

    Hiver et...printemps...

     

    L'hellébore du Vieux Clos ne veut pas être en reste , mais elle n'a pas été aussi rapide ! Par contre, quelles belles promesse en boutons !

    Hiver et...printemps...

     

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    34 commentaires
  • Cachée derrière le billot de bois qui supporte l'abreuvoir aux oiseaux, Souricette a trouvé le truc : elle est à quelques pas de la mangeoire qui se balance au dessus de sa tête et où verdiers et chardonnerets s’empiffrent salement de graines de tournesol, ...Scrunch, scrunch...et que je te broie et que je te  laisse tomber la moitié de la graine à moitié mâchée... Heureusement, le service de nettoyage anti-gaspi est là : les oiseaux au sol, accenteurs, pinsons, tourterelles et ramiers, mais aussi...

    La mangeoire "multifonctions" ?

    ...un drôle d'oiseau au museau frémissant qui fait de rapides allers-retours du billot salvateur à l'espace jonché de graines semi-broyées sous la mangeoire...tout en jouant avec les serpentins des tiges des petits cyclamens roses de septembre...

    La mangeoire "multifonctions" ?

    "C'est bien" dit le baryton...c'est une mangeoire muti-fonctions !"

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