• Cachée derrière le billot de bois qui supporte l'abreuvoir aux oiseaux, Souricette a trouvé le truc : elle est à quelques pas de la mangeoire qui se balance au dessus de sa tête et où verdiers et chardonnerets s’empiffrent salement de graines de tournesol, ...Scrunch, scrunch...et que je te broie et que je te  laisse tomber la moitié de la graine à moitié mâchée... Heureusement, le service de nettoyage anti-gaspi est là : les oiseaux au sol, accenteurs, pinsons, tourterelles et ramiers, mais aussi...

    La mangeoire "multifonctions" ?

    ...un drôle d'oiseau au museau frémissant qui fait de rapides allers-retours du billot salvateur à l'espace jonché de graines semi-broyées sous la mangeoire...tout en jouant avec les serpentins des tiges des petits cyclamens roses de septembre...

    La mangeoire "multifonctions" ?

    "C'est bien" dit le baryton...c'est une mangeoire muti-fonctions !"

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  • "Il y a les bonnes bêtes et les mauvaises bêtes. les bonnes bêtes sont celles que l'on mange.

    Les mauvaises bêtes sont celles qui mangent celles que l'on mange.".

     

    Le loup mal aimé

    dessin Jacques Rime

    Cette phrase-que j'adore- résume avec ironie le point de vue simpliste de l'homme sur la nature.

    Il faut l'entendre avec le savoureux accent suisse de Jacques Rime, dessinateur animalier, grand amoureux des bêtes sauvages.

     

     Elle est extraite du film réalisé pour la salamandre "le lynx, le loup...et nous.", à moins que ce soit de cet autre film consacré à Robert Hainard, philosophe, naturaliste et peintre animalier.(Voir l'article consacré à ce film)

    Le loup mal aimé

    gravure  : Robert Hainard

    Le loup mal aimé

    Le loup mal aimé

     Une "mauvaise bête", le loup ? le dernier numéro de la revue "la Salamandre", "Le loup parmi nous", lui consacre son dossier central. Un film aussi, "la vallée des loups", va sortir le 4 janvier. On y suit pas à pas le retour du loup, ses mœurs, ses rapports avec l'homme...

     Le loup a bien failli y laisser sa peau et faire partie des espèces disparues, une de plus (on vient de classer définitivement le cougar, (puma d'Amérique) parmi les espèces disparues...)

    Il disparaît d'Angleterre au XVIème siècle, d’Ecosse au XVII ème siècle, d'Irlande et du Danemark au XVIII ème , d'une bonne partie de l'Europe centrale au XIXème, et de France pendant le premier tiers du XXème siècle.

    Mais le loup a la vie dure : il, a survécu en Italie, et c'est de là (après tout, n'est-ce pas la patrie de Rémus et Romulus !?) qu'il revient en France à partir de 1992.

     

    Le loup mal aimé

    D'après les biologistes, un loup en bonne santé n'attaque pas l'homme...Il y eut des périodes difficiles de guerres, de famines, épidémies où les "accidents" ont existé, mais maintenant.entre le loup et l'homme, le plus menacé des deux, c'est le loup.

     

    Cependant il attaque chamois, chevreuils  et...moutons si le gibier sauvage se fait rare (en partie aussi de la faute de l'homme !)

     "Débarrassés " du loup pendant des décennies, les éleveurs doivent à nouveau compter avec lui et cela ne se fait pas sans heurts.

    Le loup mal aimé

    Cet été, nous avons discuté avec un éleveur (chez lequel nous logions) qui laisse ses moutons tout l'été seuls sur les hauts pâturages, sans chien...Il a eu à subir des attaques du loup l'an dernier...

    Nous avons aussi longuement discuté avec le berger qui nous a "sauvés"  de la vigilance de ses patous sur un chemin...(ici)

    Le loup mal aimé

    "Je ne devrais pas le dire car je me ferais mal voir, mais je ne suis pas contre le loup." Lui parque ses bêtes la nuit et est assisté de deux patous, "fournis" par le ou les propriétaires du troupeau. Il n'a pas eu à déplorer d'attaque l'an dernier. "Les loups ont attaqué de l'autre côté" dit-il en désignant justement le versant où paissait le troupeau de notre propriétaire..."Mais là, pas de berger, pas de chiens...Alors, c'est sûr, c'est plus facile (pour le loup)"!

    La présence des chiens de troupeaux n'exclut pas les attaques, , mais les rendent plus rares. Eleveur et berger reconnaissent aussi que les carnages ne sont pas toujours imputables au loup, qui mange pour se nourrir.

     

    "La majorité des carnages dans les troupeaux sont le fait de chiens de chasse, de ferme ou de promeneurs, de chiens attachés un jour, lâchés l’autre, livrés à eux-mêmes avec la complicité de leur propriétaire. Il est préférable de faire endosser les dommages au loup, moins proche de l’homme et prouver ainsi son incompatibilité avec le monde de l’élevage." (Robert Hainard)
    Et dans ce cas, les bêtes sont tuées et laissées sur place, sans être dévorées...
    Notre berger et cet autre, éleveur de chèvres qui passe l'été avec elles sur la montagne, déplorent seulement qu'on leur interdise le port d'un fusil : "voir ses bêtes se faire attaquer sans pouvoir les défendre est rageant. les loups sont intelligents : un coup de fusil en l'air ou...quelques plombs dans les fesses les feraient réfléchir"...
    "Il est ridicule de faire des battues pour tuer des loups qui n'ont rien fait. Il vaudrait mieux pouvoir se défendre contre ceux qui attaquent.! Il est aussi ridicule d'indemniser les éleveurs  pour les bêtes tuées : cela coûte très cher à la société."
    Après tout, le loup est une bête sauvage, il fait partie de la nature. Depuis longtemps l' homme se croit le roi de la création et  a tout fait pour ne pas avoir de prédateur (hormis lui-même. .) .L'enjeu est là : vivre avec le loup ET protéger les troupeaux...

    Les trois dernières illustrations sont tirées de ce numéro de la salamandre.

    Pour découvrir ce numéro, c'est ici !

    Je rappelle que

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  • C'est un dimanche d'octobre lumineux, au bord du canal, là où il emprunte le lit de l'Isac, où il devient plus souple, plus campagne.

    Les joies se succèdent : c'est d'abord le troglodyte qui vient tenir son discours agité dans les branchages au bord de l'eau. Plus loin, éclatent les touffes roses des bonnets d'évêque du fusain. Sur un arbre, perché au-dessus du canal, un héron cendré prend la pose et le soleil...Des cormorans passent, voiliers noirs au grand bec jaune, un pivert s'esclaffe bruyamment comme seuls savent s'esclaffer les piverts...et là-bas, par deux fois, voici l'éclair bleu métallique du martin-pêcheur.. Le décor est planté pour son apparition...

    Le renard mal-aimé

    Photo Pascale Delalande

     

    De l'autre côté du canal, dans le pré, un autre éclair, roux celui-là, assez près pour m'émerveiller, trop loin pour une belle photo...et puis, je ne bouge plus...Il ne nous a pas vus et nous pouvons admirer la grâce de ses mouvements, la précision de ses sauts, la puissance de ses muscles...Maître Goupil mulote...

    C'était il y a quatre ans et la plus beau souvenir que je garde d 'une apparition de renard.

    Pas de photo de renard dans mes archives donc, mais des amis blogueurs m'ont gentiment prêté les leurs pour mon article..

    Le renard mal-aimé 

    Photo Norbert Veber

     

    Norbert (allez voir son beau site : la plaine du Bischwald) se bat dans l'est de la France pour faire rayer le renard de la carte des "nuisibles". Car le petit  animal est traqué, chassé, 365 jours sur 365,  24 h sur 24...Quel est son crime ? Les chasseurs le détestent, et les chasseurs sont puissants. On l'a d'abord accusé de propager la rage...Mais ça, c'est fini...On l'accuse de convoiter les poules des poulaillers...c'est vrai et le renard est rusé, mais il existe des solutions pour protéger ses poules la nuit ! Non, ce qui semble être la vraie raison, c'est que le renard s'attaque aux faisans et perdrix que les chasseurs "lâchent" la veille (ou le jour ) de leurs parties de chasse ! Quelle chasse, mon Dieu ! Elever des bêtes en cage, les relâcher, complètement désorientées et sans réflexe de fuite,  pour les abattre à coups de fusil...t Evidemment une aubaine pour le renard, mais lui, on ne l'invite pas à la chasse boucherie !

    Certains chasseurs ne sont pas ainsi ! J'en ai rencontré un , un de ces dimanches ensoleillés, dans un petit chemin de campagne... Cinq chiens de chasse, vociférant, aboyant, venaient de nous passer presque dans les jambes...Un chasseur en voiture nous a demandé , cinq minutes plus tard, si nous n'avions pas "entendu des chiens" ! Oh que si !  J'ai cru naïvement que les chiens s'étaient perdus...Oh que non, m'a expliqué le baryton : c'était une battue, les chiens poursuivaient le "gibier" et les chasseurs, en voiture, essayaient de repérer l’endroit où les envoyaient les chiens...La chasse en voiture ?...

    Je n'étais pas très rassurée, connaissant la propension de certains chasseurs à tirer sur tout ce qui bouge...J'avais beau avoir la polaire rouge...sait-on jamais ! Aussi, lorsque le baryton m'a prévenue : "tiens, voilà un chasseur", de l'autre côté de la haie bordant le chemin, ai-je demandé, un rien provocatrice : "Rassurez-moi, nous ne risquons pas de recevoir un coup de fusil ?" Le chasseur, seul avec son chien  (qui s'est collé à nous pour se faire caresser pendant toute la durée de notre conversation ,car ce fut un vrai échange sympathique, pendant presque une heure, de part et d'autre de la haie !) m'a rassurée : "on ne tire pas à travers les haies, c'est rigoureusement interdit", et non, il ne participait pas à "ça",( coup  de tête vers les aboiements lointains). Il faisait partie d'une toute petite société de chasse (sept personnes) , était apparemment plus intéressé par la balade avec son chien, très soucieux de protéger ce dernier , de respecter les règles et de ne pas exterminer les animaux, un chasseur qui trouve le renard beau et utile, l'admirant muloter, avec sa femme, au mois de juin, depuis sa terrasse, et déplorant de ne plus en voir parce qu'ils étaient traqués...un chasseur qui m'a, dit le baryton, réconciliée avec les chasseurs (enfin, certains !!!)

    Le renard mal-aimé

    Photo Pascale Delalande

    Lorsque j'ai demandé à Pascale la permission d'utiliser ses photos, elle m'a répondu : "aucun souci, quand on peut faire un plaidoyer pour les animaux, je ne suis jamais contre !"

     Voici son beau blog : Regards sud-naturalistes

    Cette traque acharnée du renard est une aberration : les  campagnols , mulots, ...pullulent dans les champs. L'un  de leurs  prédateurs naturels est le renard. Un seul renard consomme  entre 6000 et 10000 campagnols par an ! Ce n'est pas pour rien qu'on dit que le renard mulote ! On arrive à cette situation délirante : on extermine les renards et on déverse des poisons dans les champs pour protéger les cultures...tout en détruisant l'équilibre naturel et en risquant aussi d'empoisonner les animaux domestiques et l'homme !

    Je suis tombée sous le charme du renard lorsque j'avais 10 ans...j’étais malade, au lit, seule à la maison...La voisine m'a apporté un livre, le roman de Renart,( Renart avec un T) ; j'ai dévoré ces aventures du Goupil rusé et sympathique toujours vainqueur lors de ses confrontations  avec Ysengrin le loup... Je suis toujours sous le charme, mais qui ne tombe pas sous le charme de sa grâce quand on le voit "danser avec les mulots" ...?

     

     Pour ceux qui peuvent avoir accès à Facebook, ne manquez pas cette émouvante vidéo de la renarde allaitant ses petits

    du canadien Luc Durocher, ou cette autre, des jeunes renardeaux...

     

    Le renard mal-aimé

    Photo Luc Durocher

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  • Une brume s'effiloche au-dessus des champs, comme une émanation de feux follets qui se seraient laissé surprendre par l'aube.

    Il est  8 heures.

    Brume

    Plus loin, un léger voile de coton s'interpose encore entre le hameau à peine éveillé et le soleil impatient de caresser bêtes et gens.

    Brume

    Ce matin, c'est lui qui me guide et éclaire complaisamment pour moi chaque rencontre, transforme la cime de l'arbre en sommet montagnard, auréole les ânes, bleute les ailes du canard sur l'étang et...

     

    Brume

    Brume

    illumine l'apparition de cette demoiselle, car c'est bien une fille : elle a le cœur sur la fesse !*

    Brume

    Brume

     * Sur le postérieur des chevreuils, on peut voir un dessin, le "miroir", en forme de cœur chez les femelles : plus prosaïque, le miroir des mâles a la forme d'un...haricot...

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  • Les petits cornus qui se promènent avec un code barre sur le dos adorent ce temps pluvieux ! Ils font de discrètes sorties au jardin : je trouve des feuilles dentelées...mais sans excès ! Entre deux averses, ils se reposent un peu n'importe où, et même  sur la boîte aux lettres ! Ils attendent peut-être un courrier important, qui sait !?

     

    escargot-des-haies 6909

    Non, c'est que sans eau, c'en est fini d'eux ! L' alimentation en eau est le souci primordial de l'escargot composé idéalement de 88% d'eau ! Mais sa peau est une vraie passoire, l'eau rentre et sort de l'escargot comme d'un moulin ! Alors, s'il ne pleut pas, notre cornu s'économise: il ferme la porte avec un film de mucus et attend des jours meilleurs.

    Celui-ci, qui dort sur la boîte aux lettres dans le jardin, est l'escargot des haies, (cepaea  memoralis) qui n'habite pas dans les haies mais dans le jardin. L'escargot des jardins, lui, (cepaea hortensis) n'habite pas les jardins, mais plutôt...les haies, les bois...Le jour où les savants Linné et  Müller leur ont donné leurs noms, devait être un lendemain bien arrosé et pas par de l'eau de pluie !

    Aucune importance d'ailleurs, ils se ressemblent comme deux frères, avec leurs pyjamas à la Dalton. Comment les reconnaître ? Le bord de "l'ouverture " de l'escargot des jardins est clair, alors que celui de l'escargot des haies est foncé!

     

    escargot-des-haies 6911

    Mon préposé à la boîte aux lettres est donc un escargot des haies !

     

    Quant à celui-ci...

    escargot-des-jardins 9009

    Eh oui ! je l'ai retourné sur le dos pour regarder l'"ouverture" !!! (rassurez-vous, il est fort l'escargot ! Un coup de "rein"...et hop ! Voilà la maison hissée ) Voilà donc un escargot des jardins, trouvé non pas dans la haie mais dans le jardin (de quoi vous donner la migraine !) sous les feuilles de bergénia...

     

    PS: ce n'est pas la seule différence entre les deux escargots, mais la seule visible sans le...disséquer !

    escargot-des-jardins 9010



     

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