En ce premier jour de l'an, je vais vous faire un cadeau, un cadeau "d'âme" : ces quelques lignes du dernier livre de Christian Bobin (je suis une émerveillée de C. Bobin !) que je viens de recevoir en présent :
"Vous voyez le monde. Vous le voyez comme moi. ce n'est qu'un champ de bataille. Des cavaliers noirs partout. Un bruit d'épées au fond des âmes. Eh bien, ça n'a aucune importance. Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d'eau - ça oui, c'était important. Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante. La guerre n'a rien d'énigmatique - mais l'oiseau que j'ai vu s’enfuir dans le sous-bois, volant entre les troncs serrés, m'a ébloui.
Il y a une vie qui ne s'arrête jamais. Elle est impossible à saisir. Elle fuit devant nous comme l'oiseau entre les piliers qui sont dans notre cœur. Nous ne sommes que rarement à la hauteur de cette vie. Elle ne s'en soucie pas. Elle ne cesse pas une seconde de combler de ses bienfaits les assassins que nous sommes."
Christian Bobin," l'homme-joie"
Belle année à vous !