"Père, gardez-vous à droite, Père, gardez-vous à gauche" disait le jeune Philippe (qui en gardera le surnom de "le Hardi" !), à son père Jean le Bon, à la bataille de Poitiers en 1356, en pleine guerre contre les anglais...
En ce dimanche de décembre, ce ne sont pas les coups de mousquet qui retentissent sur le chemin de randonnée, mais bien des coups de fusil, qui me font violemment sursauter, tellement ils sont tout près ! Tout près ? Oui, derrière cette haie en bordure le la petite route de campagne, dans un champ qui longe un chemin...Et zut, ce chemin, c'est notre chemin de randonnée.....

Les accidents de chasse sont nombreux depuis l’ouverture, on a tiré sur un cheval, une vache, un cycliste, une dame dans son jardin (elle en est morte...), des chats, et même un troupeau d'ânes (ils en sont morts aussi)... alors, deux malheureux randonneurs derrière une haie...Je n'en mène pas large et ..." moi, je ne vais pas par là"! Je suis prête à rebrousser chemin, (la rage au cœur, mais à rebrousser tout de même !)
"Mais non", me dit le baryton, "ils (les chasseurs) ne sont pas si bêtes quand même ! (Ça...je n'en jurerais pas !)
Il m'entraine vers le chemin...j'entends les chasseurs parler derrière la haie...Un peu rageuse, je me mets à claironner : "Oh, oh, nous ne sommes pas des lapins ! "
Le baryton me dit : "viens, on va leur chanter "toréador" ! Et d'entonner, avec sa voix sonore de...baryton , l'air du toréador de Carmen : "toréador, en ga-a-a-ar-de, toréador, toréador...." Et nous voilà, marchant d'un bon pas le long du champ, lui chantant à tue-tête, et moi...me pressant (quand même !)
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Plus un mot chez les chasseurs, plus un coup de fusil...Nous sommes passés ...
